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Radio Imagination : connected dead people

In #littérature, art on avril 10, 2017 at 12:17

Classiques de la littérature asiatique, les histoires de fantômes inspirent abondamment le cinéma. Mais c’est la radio et le smartphone que choisit Dj Ark comme medias-medium pour rester connecté post mortem.

Dans une petite ville côtière du Japon, le tsunami de 2011 engloutit habitants et habitations. Un homme se retrouve accroché à un cyprès sous l’oeil attentif d’une bergeronnette. Suis-je mort ? Suis-vivant ? Ai-je été ensorcelé par un renard-fée ? s’interroge ce trentaine ex animateur de radio, fan de pop rock et de rap. Afin de dénouer l’énigme, il renoue avec son passé et lance Radio Imagination. Jingle accrocheur, morceaux choisis, textes souvenirs, la radio fait le buzz. Les auditeurs affluent. Les mails du  peuple d’en bas (du cyprès) abondent. Dj Ark – référence à l’Arche de Noë- ouvre un multi-canal pour faciliter réponses et témoignages. Mais qui sont-ils ces hommes et ces femmes qui livrent leur expérience hyper-réaliste du tsunami et des bribes de leur histoire personnelle. Des incarnés, des désincarnés, des humains en transit ?

Seiko Ito, musicien, rappeur, homme de médias et acteur a remporté le prix Noma – équivalant japonais du prix du premier roman- pour « Radio Imagination ».

La livre aborde de manière très actuelle les grandes peurs qui traversent la société japonaise. En premier lieu la multiplication des catastrophes naturelles et ses conséquences : la mort, l’entre-monde …

À la fin du livre, DJ Ark commence à douter de ses souvenirs et fait appel à ses auditeurs pour en vérifier la véracité. Le résultat est un joli moment de solidarité (post-mortem) à l’intérieur d’une famille -valeur japonaise primordiale- très, très élargie. Au fil du récit, l’animateur sent les frontières de son corps s’effacer. Reset total ? The end ? Pas encore. La communauté intervient avec humour pour le comparer à une divinité – autre référence à un pilier de la civilisation nippone, la religion. Humour encore quand il répond à la question « Suis-je suivant ?’ par un « oui car j’ai une démangeaison« .

« Le Dj des décédés » n’a pas de souci à se faire. Le ton est donné et la relève  assurée. On ne parlera plus jamais des tsunamis de la même manière.

 

Radio Imagination

Éditions Actes Sud

http://www.actes-sud.fr

 

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Le Laboratoire d’Esthétique : art et spa entre profane et sacré

In art, Spa on février 21, 2017 at 10:48

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En blouse blanche Martin Margiela et ceinture de cuir Comme des Garçons,  Haily Grenet se faufile dans l’espace blindé du 4 rue Moret. La curatrice de l’expostion « Laboratoire d’Esthétique » cherche son acolyte Émile Degorce-Dumas, performeur et professeur de céramique, pareillement vêtu. Tous deux ont investi la Glass Box, haut lieu de performances artistiques, pour explorer le profane et le sacré de l’esthétique. De l’Esthétique dans les deux sens du terme, la beauté et l’art.

Les Niçois avaient déjà proposé une édition du Laboratoire d’Esthétique au pays de la croisette et une autre à Paris dans le cadre des Nuits Blanches. « Nous questionnons la beauté parce que cette notion est universelle » explique la critique d’art qui produit aussi des événements notamment en Corée du Sud, là où la beauté fait figure de religion. « Plus précisément nous interrogeons la beauté dans un lieu que nous transformons en salon de beauté« .

Pour cette troisième investigation sur la beauté -toujours empreinte de psychanalyse et d’anthropologie- le duo a demandé à une série d’artistes de réaliser objets et vidéos afin d’animer les deux pièces de Glass Box.

L’amina et l’imago ont pris des formes inattendues.

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Emile Degorce-Dumas a construit une table de massage qui n’a rien à envier à celles que l’on trouve dans les instituts et les spas. Accrochée à la table une vidéo montre de manière très décalée et très acidulée les soins prodigués par les esthéticiennes. Une figurante porte d’incroyables platform shoes dérivées des sabots des beauticians. De petits objets tirés de l’univers de l’onglerie et de la manucure sont parsemés sur le lit. Des petites choses qui évoquent les méduses et la SF.  

Ces objets délirants on les retrouve par terre, sur des présentoirs ou accrochés au mur comme ce miroir renvoyant à l’univers de la méchante reine de Blanche Neige, symbole de la fugacité et de la tyrannie de la beauté.  

Des soins resacralisants

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Le Laboratoire propose par ailleurs des soins performance couvrant trois domaines : le toucher, le goûter, l’écoute.

Le massage aux pierres – rappelons pour ceux qui vivent dans une grotte … et why not ?- que la lithothérapie est « une médecine douce se servant de l’énergie des pierres pour rééquilibrer et réharmoniser l’ensemble du corps« .

Le rituel sonore, « Soin massage acousmatique vocal et sifflé pour deux oreilles et yeux clos » de 10 mn créé par Louise Ronke-Senges.

L’initiation à la philosophie Ayurveda avec dégustation d’une décoction.

La  greffe de prothèses. « On a tous un objet fétiche. Quand il se sent bien, on ressent ce bien-être. Ici on propose de travailler la synergie des énergies positives entre le fétiche-doudou et son compagnon, c’est ce que nous appelons la greffe de prothèses » théorise la commissaire.

Totémisme

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Cette dernière évoque alors son intéret pour la magie et le totémisme. « Le rationalisme et le pragmatisme des sociétés occidentales n’empêchent pas la magie de s’immiscer dans bon nombre de pratiques en particulier celles des soins corporels. Le caractère tantôt divin, tantôt diabolique de la beauté est accentué par le vocabulaire et l’imagerie. Les termes de recettes, d’élixir ou de miracle apparaissent toujours ça et là, accompagnés d’images représentant des corps transformés, détachés de toute emprise du réel, mis en lien avec les éléments primitifs, l’eau, l’air, le feu et la terre, dans des situations surnaturelles ».

Le sacré ne s’imprime pas seulement dans le corps. Il peut être projeté. Cette projection va au delà des parcelles traitées (cheveux, ongles …) « Elle s’étend aux objets » certifie Aily qui s’inspire de Pierre Bourdieu. D’où le « soin greffe de prothèse ».

Le corps comme vecteur de socialisation et de communication, le corps adulé, le corps profané … pour vivre les expériences du Laboratoire Esthétique rendez-vous donc à la  Glass Box.

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Les RDV pour les soins performance c’est ici  

Glass Box 4 rue moret 75011 Paris  

07 54 58 52 85

ou par email à linstitutdesthetique@gmail.com       

Planning panaché pour WE pluvieux

In lifestyle, week-end on juillet 1, 2016 at 10:55

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La météo reste incertaine pour le WE.

Alors fenêtre ouvertes ou fermées, lors d’une averse ou d’un grain nous en profiterons pour

 

Lire

Le concept store l’Éclaireur dédie une exposition à une star de la photo de mode, Jean Daniel Lorieux. Cinq clichés de l’artiste sont habilement mis en scène parmi les « objets » (robes,  artisanat d’art ou design) présents dans le It magasin.

Depuis ses débuts, dans les années 70, Jean-Daniel Lorieux a toujours mené ses models au « clic sensuel ». De Claudia Schiffer en passant par Isabelle Adjani ou Jacques Chirac il a shooté un joli lot de people. Ces clichés sont parus dans les plus grands magazines (Vogue, L’Officiel) et ont animé les campagnes de Dior, Céline, Lanvin.

Nous allons nous délecter de « Sunstroke » et de « Écran Total » qui rassemblent ses photos les plus célèbres sous le signe du Glam & Sunshine.

 

Écouter

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Écouter un classique d’Iggy Pop qui a extasié le public du grand Rex en mai, un album de Sigur Ros que l’on attend les bras tendus à Saint Cloud pour le festival Rock en Seine, un mix de Les Jumeaux Brice et Régis aka William Wilson Doppelganger qui vont prendre la direction artistique du Flow …

Tout cela sur le LP 160, un bijou de design et d’acoustique signé par la Boite Concept. Ce meuble en chêne massif et cuir est doté d’un amplificateur avec entrée phono (pour la platine intégrée) ainsi que de huit haut-parleurs. L’environnement acoustique permet d’écouter en haute résolution les sons de disques et de vinyles comme de tablettes ou de smartphones. Une place est même prévue pour votre ordi. Malin, non ?

 

Écrire

Lassées par la palette d’un ciel de gris et de blancs ou/et inspirées par un groove, un loup bowieen, un strike de mannequin des années 70, nous prendrons peut-être la plume. Une plume voyageuse qui nous mènera sur les bords du Lac Léman écouter des mots bleus. Bleus à l’image de l’eau et du dernier stylo Caran d’Ache.

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Boxer 

Et hop entre deux ondées, nous irons courir puis réviser quelques mouvements de boxe thaï avec notre coach préféré Christophe Guyoton (voir notre article : la boxe ex caetera)

 

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Quelques « outché » et une douche plus tard, cap sur une expo, une expo surprenante. Celle que la galerie Artube consacre à l’iconique David Bowie, disparu le 10 janvier 2016. Sur le site on découvre une série de clichés inédits du chanteur britannique réalisés par le célèbre photographe Markus Klinko. On a hâte !

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1. Jean-Daniel Lorieux, l’Éclaireur du 24 mai au 5 juillet, 10 rue Boissy d’Anglas 75008 Paris.

Jean-Daniel Lorieux, « Sunstroke » et « Écran Total » … un peu partout sur les sites de vente en ligne.

2. LP I60 : meuble/ bureau acoustique en chêne. Prix  2 850 E

3. Stylo plume bleu Léman Caran d’Ache Corps de laiton de large diamètre avec laque précieuse bleu nuit mat, attributs argent rhodié 10 micros, agrafe articulée sur ressort, plume en or 18 carats (750°/°°) totalement rhodiée. Prix 588 E

4. « Bowie Unseen » by Markus Klinko, galerie Artcube 9 place Fürstenberg 75006 Paris.

 

Abbaye de Royaumont : jardins, arts et pierres

In architecture, art, jardin, Travel on mai 31, 2016 at 8:26

 

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Au gré des inondations, les moines cisterciens ont acquis une grande maîtrise des questions hydrauliques. La visite de l’abbaye de Royaumont, à quelques kilomètres de Chantilly, débute avec un commentaire de circonstance. La météo pose 50 nuances de gris sur ce domaine d’anciens marais. La pluie menace. Le parc et les trois  jardins rétorquent en étalant une palette de verts intenses. Espoir de lumière. Voilà pour les couleurs. Côté bande-son, point de chants religieux. Les cris des oies sur l’étang répondent aux bruit des marteaux piqueurs ou non. Car l’Abbaye fondée par Louis IX, futur Saint-Louis, en 1228 est en travaux depuis décembre.

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Classée monument historique en 1927,  sa rénovation réclamait un maître. C’est donc l’architecte en chef des Monuments Historiques, François Chatillon, qui fut désigné pour superviser le chantier dont le coût s’élève à 6 millions d’euros et qui se concentre sur la partie hôtelière de l’espace: le bâtiment des Moines. Les transformations ont débuté après deux ans d’études et se termineront fin juin. Soit six mois d’intense travail focalisé sur six points et monopolisant une cinquantaine d’ouvriers.  

 

Magnifier les lieux

 

Le plus impressionnant est la réfection de la toiture. Pour couvrir les deux pentes de 70 /11 mètres chacune, il aura fallu 120 palettes contenant 700 tuiles par paquet. Faites le calcul ! Les tuiles sont de cinq sortes dont une de bois. En tournant les yeux de la charpente vers le paysage, on découvre le domaine et ses 7 ha nichés au coeur du parc régional de l’Oise. Un bijou.

Un ascenseur a été installé pour faciliter les visites les personnes handicapées. Durant la XIXème siècle. le Domaine s’est ouvert à la culture. Depuis, il accueille des intellectuels et des artistes de renom pour des rencontres-débats. Des danseurs et des chanteurs résidants offrent des spectacles d’avant garde ou de facture classique. L’accueil des touristes-visiteurs doit donc se montrer à la hauteur.

Les cuisines qui servent aux résidants et aux manifestations ont ainsi été transformées, alors qu’un nouvel espace de stockage des équipements artistiques a vu le jour.

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Un système de chauffage par le sol à été installé. La magnifique salle de réception en bénéficie. On apprécie d’autant plus l’espace de 535 mètres sous 9 de voûtes, les vitraux du XIXème siècle, le sol composé de 44 000 pièces assemblées selon une technique du XIIIème siècle.

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Le bâtiment des Moines dont l’architecture varie entre vestiges du XIIIème siècle et néo-gothique a fait l’objet d’une rénovation pointue de sa façade et de ses contreforts. Objectif  des architectes : non pas revenir au Moyen-Âge mais magnifier les espaces.

Les intérieurs hébergent une bibliothèque musicale d’une grande richesse, la bibliothèque François Lang, comprenant des études et des notes authentiques sur les partitions. À noter aussi : une pièce dans les combles baignée par une lumière de vitraux pour les répétitions et une salle de spectacle voûtée donnant sur les jardins. On y admire la tapisserie hypnotique d’une Vierge moyenâgeuse.

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Jardins et conversations

 

Les extérieurs ont été revisités avant « la grande restauration » de 2015-2016. Les amateurs peuvent se promener dans le parc paysager du XIXème et ses canaux cisterciens.

Autres sources de détente et de découverte botanique : les trois jardins.

Le jardin du cloître attire les inconditionnels de plantes médicinales aux parfums aromatiques.

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« Le potager-jardin allégorique contemporain » fait la part belle aux légumes anciens qui poussent librement et dont on peut suivre le cycle « de la graine à la graine ».

« Le jardin des 9 cartes » accueille tous les trois ans une exposition de plantes autour de rencontres dédiées ou libres.

Les 2 et 3 juillet s’ouvrira « Entre Orient et Occident, le voyage des plantes au Moyen-Âge« . L’exposition a été pensée et plantée par la designer-jardinière-paysagiste Edith Vallet, qui vit sur place, et son partenaire Olivier Damée.

On a hâte !  

 

Abbaye de Royaumont http://www.royaumont.com

Low Down : au coeur du LA jazzy

In #littérature, art, Art on septembre 29, 2015 at 5:43

13 Joe and Amy 1977

Irrésistible envie de caresser la couverture du livre: des touches de piano en relief. Les caresser puis frapper pour qu’elles sonnent divinement avant de les dézinguer. Comme Joe Albany se dezingua. Le génial pianiste de jazz carburait à l’héro, aux médocs et, sans discrimination, à toute substance ruineuse pour sa santé et ses cachets miteux.

Amy, sa fille, blondeur d’ange et langue luciférienne, raconte sa jeunesse dans le milieu interlope du Los Angeles des 40es aux 70es. Une jeunesse passée à materner un père adorant sa « p’tite acolyte« .

Joe et Amy migrent de meublé en meublé aussi vite que le pianiste enchaîne les accords. Rythme qu’il applique aussi à ses conquêtes. Souvent, un accord discordant vient troubler le quotidien chaotique et épicé de l’inséparable binôme : prison, menaces, crises de manque … Mais jamais Amy ne fait dans le registre de la pauvre petite fille des rues. Elle chipe, entourloupe et évite les embrouilles. « Hey miss ça te dit de faire un tour en moto« . Niet. Elle zigzague et évite les plans foireux. Les galères de la rue c’est pour les plus fragiles. Elle en a vu des gamins comme elle, moins futés et moins aimés sans doute, sombrer dans le deal ou la prostitution. Amy, elle, est princesse be-bop. Elle doit tenir son rang. Swing et Swag.

8 Amy 1967

Quand le tempo s’emballe et devient incontrôlable, la fillette gagne ses refuges. Les escaliers de secours ou son cahier rempli des pires faits divers. Des enclaves qui lui font relativiser son chaos. Daddy se fait un shoot de speed et frappe les murs ? Amy a peur mais, le nez dans son cahier, elle se calme. Et oui, ce n’est pas pire que le sort réservé aux soldats américains par les vietcongs qui installaient des pièges remplis d’araignées venimeuses et de scorpions sautant au visage des gamins militaires quand ils avançaient dans d’étroits boyaux de jungle.

Amy a aussi le jazz. Elle écoute avidement les musiciens parler. Son tourne-disque passe et repasse ses morceaux préférés tels une amulette contre le mauvais sort. Avec son père, elle rencontre à peu près tous les grands de l’époque d’Amstrong à Charlie Parker en passant par Chet Becker qui mourra à quelques heures de Joe Albany. La petite Amy adore accompagner son idole dans les clubs où les meilleurs jazzmen lui offrent ses boissons sucrées favorites et la traitent en princesse. C’est bon et flatteur. Amy est aux anges !

Joe Albany, le précurseur du be-bop, fait preuve d’une candeur désarmante. Un comble pour un sicilien. Ainsi, la virginité de sa fille ne serait aucunement menacée par les nains, les clowns et quelques autres spécimen de la faune des meublés de LA. On ne peut pas connaître les humains aussi bien que les notes.

Impossible de décrocher de ce récit acide et tendre, pétri d’amour et d’humour.

piano

Low Down, A.J.Albany, Le Nouvel Attila.