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Brésil : regard en biais sur les JO/ Superfood

In brésil, Food, jo, superaliments, superfood on août 17, 2016 at 1:13

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Les aliments ne seraient pas égaux. Il y aurait les normaux et les supers. Un peu comme le runner lamda et le champion  olympique.

Il n’existe pas de définition légale ou médicale de la Superfood lit-on sur Wikipédia. Côté dictionnaire, on fait chou blanc dans le Larousse, le Cambridge dictionary se fend d’un bref « a food that is considered to be very good for your health« , des termes repris globalement par son homologue oxfordien.

Paradoxalement, la notion de « super aliment » est omniprésente. Jour après jour on en découvre de nouveaux sur les étals des commerces. Plus il est exotique et biscornu mieux il est perçu. C’est ce qu’on pourrait appeler la revanche du légume super moche. Le légume simplement moche, lui, étant le symbole d’une consommation responsable.

On entend généralement par super aliment, un fruit, un légume, une graine, une algue qui procure un maximum de bénéfices à celui qui le consomme : apports vitaminiques, énergétiques/nutritionnels et effets anti-oxydants. Idéal pour le sportif comme pour le tenant d’une alimentation équilibrée.

 

Actualité oblige, parlons du Brésil.

Le pays est riche en superfood comme en junk food (mega sodas, tout-frit …)

Noix, gingembre, grenade, noix de coco, curcuma, açai, camu camu, pitanga, guarana … la forêt et les cultures d’ingrédients ancestraux apportés par les vagues de migrations font du Brésil un éden de la super good food.

Tandis que l’absence d’étiquetage légale de présence de pesticides et autres joyeusetées, la pauvreté et les mauvaises habitudes alimentaires sacrent la super bad food.

La Noix du Brésil

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De tous temps, la noix du Brésil a été utilisée par les indiens d’Amazonie pour l’alimentation (noix) et le chauffage (coques). Aujourd’hui, elle a aussi sa place dans les cosmétiques (huiles).

Riche en acides gras insaturés, en minéraux (cuivre, magnésium, calcium, manganèse, potassium, phosphore, fer, zinc) et source de phytostérols (lipides présents dans les plantes), la consommation de noix du Brésil est  surtout recommandée pour son apport en silicium aux propriétés « anti-oxydante » et « anti-radicalaire » en synergie avec les vitamines E, A et B1. Et en sélénium favorisant le bon fonctionnement des hormones thyroïdiennes.  Très calorique, il est déconseillé d’en manger plus d’une ou deux par jour.

La Noix de Coco

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Ce n’est pas une spécificité du Brésil. mais qui dit plage des Caraïbes dit en général cocotier. Et au Brésil, le balnéaire a rang de culture. Plus fort : le prix de la noix de coco est l’équivalant du prix de la baguette en France. Plus près de nous, en 2015, l’eau de coco occupait la tête des superettes trendry et squattait les events. C’était le super aliment du moment. On va donc parler de la noix de coco. Obligé !

Quid de ses propriétés ? Quand le fruit mûrit, cette eau (désaltérante) se transforme en chair que l’on peut faire sécher et couper en lamelles, c’est le coprah.

Comme la noix du Brésil, la noix de coco a bon goût. On aurait tendance à en abuser. Ne succombez pas à la tentation. Toujours à l’instar de sa presque homonyme, elle est très calorique. Riche en fibres (potassium, magnésium, fer), ce fruit facilite le transit et procure un sentiment de satiété. Il ne mérite pas sa mauvaise réputation de réservoir de cholestérol car sa haute teneur en acides gras saturés est compensée car la présence d’acide laurique booster de bon cholestérol (HDL).

Bref, elle a tout bon sauf pour les grands sportifs qui devront se réhydrater autrement qu’avec de l’eau de coco. Pourquoi ? En transpirant on perd beaucoup de sodium et de potassium. Or, si l’eau de coco contient énormément de potassium (à côté la banane est une petite joueuse), elle fait figure de pauvresse côté sodium avec seulement 30 mg par tasse.

Le Guarana

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Étrange avec ses fruits aux grandes prunelles noires cernées de rouge, le guarana est un arbuste connu depuis l’époque précolombienne (il y a plus de 3000 ans). Les Indiens Tupi-Guarani utilisaient ses graines pour combattre la fatigue et contrôler l’appétit. La plante fut commercialisée en Europe à partir du 18ème siècle.

Le guarana est un concentré de principes actifs. Le plus connu est la guaranine qui  contient 4 à 7 fois (c’est vaste) plus de caféine que le café noir sans ses effets secondaires. À la guaranine il faut ajouter des acides gras essentiels, des alcaloïdes,  des vitamines ( A, B1, B3, E et PP …), des minéraux (fer, phosphore, potassium, calcium, zinc, cuivre, magnésium. Côté oligo-éléments citons dont le sélénium, le strontium et le germanium. 

Les bienfaits de la  plante « avec des yeux comme des personnes  » comme l’appelait les Indiens, vont de l’augmentation de la concentration et de l’énergie, aux effets astringents (le guarana contient aussi des tanins), en passant par la stimulation de la mémoire, la régulation intestinale et celle de l’appétit (liste non exhaustive).

La Pitanga

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Comme le guarana, la pitanga et le camu-camu ont été « baptisés » par les premiers habitants du Brésil, les Indiens Pitu-Guarani.

La pitanga ou « cerise de cayenne » est une baie d’un rouge chatoyant (pitaga signifie « rouge » en Tupi) qui pousse sur un arbre des forêts atlantiques dont la hauteur peut atteindre 10 m et dont la circonférence varie entre 30 à 45 cm.

Ses feuilles couvrent traditionnellement le sol avant les processions et parfument les bains. On en extrait des huiles essentielles aux vertus aromatiques.

Le fruit contient des fibres, du calcium, du phosphore, du fer, de la niacine (vitamine B3 ou PP intervenant dans le métabolisme des glucides, la régulation des hormones …), du riboflavine (vitamine B2 capitale dans le métabolisme des glucides, des lipides et des protéines), de la thiamine (vitamine B1 essentielle au métabolisme énergétique et au fonctionnement du système nerveux central), de la vitamine A et C.

Utilisée dans l’industrie cosmétique, la Pitanga est aussi indiquée contre le diabète et pour réguler la tension artérielle.

Le camu-camu

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Ce fruit ovale violacé issu d’un arbre d’Amazonie contient plus de vitamine C que tous les fruits existants.

Il sert à la confection de sorbets, de jus mais aussi de liqueurs …

Le camu-camu est célébré pour ses vertus astringentes, anti-oxydantes, anti-virales, amaigrissantes, anti-inflammatoires …

 

Le Tucuma

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On trouve le tucuma sur un palmier à feuilles pennées du nord du Brésil. Son tronc peut atteindre 20 m de hauteur. Vertige …

Le fruit ovale et orange de la taille d’un abricot est connu pour ses propriétés nutritives. Il est consommé nature, en jus, sorbets, liqueurs, pâtisseries…

Le tucuma est apprécié dans le domaine esthétique. Le beurre obtenu par pression des fèves est utilisé traditionnellement au Brésil pour le bien-être de la peau et les soins capillaires. Ses protéines étant similaires à celles des cheveux peuvent pénétrer facilement et nourrir en profondeur.

 

L’Açai

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Terminons par la star du moment : l’açai surnommé « l’arbre de vie brésilien ».

Ce petit fruit rond et violet foncé pousse sur un palmier du Nordeste brésilien.

Il est riche en vitamines (A, B1, B2, B3, C et surtout E), en huiles à haute teneur en polyphénols (micronutriments possédant des propriétés antioxydantes), en calcium et fer et en oméga (3,6,9).

On le consomme en sorbet et sous forme de poudre énergétique que l’on peut incorporer à la boisson de son choix.

Anti-oxydante, anti-âge, la consommation d’açai serait également bénéfique au système immunitaire, combattrait le cholestérol et les troubles digestifs.  

 

Voilà pour le petit tour d’horizon de la top food au Brésil. Pour un plus large panorama voir par exemple le site brasilazur (qui ne traite pas que des It aliments) http://www.brasilazur.com/2013/10/dictionnaire-des-fruits-du-nord-et-du-nord-est-du-bresil/  

Il faut savoir que la notion de superfood est contestée. On dénonce son côté marketing. On pointe le manque de définition officielle. On met en avant les limites des études. Elles ne sont généralement pratiquées qu’en laboratoire, sur les animaux, ne prennent pas en compte les combinaisons alimentaires … Dans la nomenclature médicale, seule la spiruline fait l’objet d’un article de l’OMS reconnaissant ses vertus.

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Les partisans du Slow Food soulignent pour leur part que la consommation de produits régionaux est mieux adaptée à la protection de l’environnement (et du porte-monnaie). Ils mettent en avant les vertus des aliments « non exotiques » : poireaux, brocoli, épinard, carotte, pomme, betterave, noix, myrtille, basilic, ortie, pollen, miel, algues locales, raisins (pépins), avocat, avoine …

Pas faux.

Pas d’exclusion pour autant.

L’usage millénaire de certains aliments comme le guarana en légitime largement l’usage.

Se régaler, ou agrémenter son assiette (ou son mud) de quelques curiosités n’a rien de désagréable.

La Superfood du bout du monde (pour les Européens) permet aussi de découvrir d’autres saveurs. Un bien pour l’esprit (curiosité) comme pour les papilles.

 

Allez faites tourner les baies de goji.

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Brésil : regard en biais sur les JO/ Rio Nosso

In brésil, JO de Rio, tourisme, Travel on août 12, 2016 at 7:29

 

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Les JO battent leur plein, pas à l’avantage des Français certes mais dans l’esprit olympique l’essentiel n’est-il pas de participer ?

Nous ravalons donc le cocorico national pour saluer les performances des athlètes (non dopés). Rappelons toutefois que l’organisation des Olympiades au Brésil a fait l’objet de polémiques tant sur les coûts et les retombées économiques que sur la répression des habitants des favellas. Une polémique récurrente puisque de Pékin à Sotche (Russie) les JO ont été attaqués pour leur impact négatif sur l’économie et les populations.

Dont acte. En mode « pensée positive » on peut néanmoins imaginer que les projecteurs braqués sur les JO de Rio éveilleront ou renforceront la curiosité pour le pays.

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Les livres.

On peut découvrir le Brésil par les livres.

Ce qui tombe bien puisque nous sommes en période estivale. Dans un hammac, sur un rocher, sous un arbre ou entre deux mojitos experiences, vous pouvez (re)lire les grands auteurs nationaux : « Bahia de tous les saints » de l’immense Jorge Amado , « L’Alchimiste » de Paulo Coelho (oui, oui, le gourou est brésilien), « Mon bel oranger » de José Mauro de Vasconcelos mais aussi Joaquim-Maria Machado de Assis. L’auteur de « Dom Casmurro ou les yeux du  ressac » est considéré comme le plus grand auteur brésilien du XIXe siècle. Les critiques comparent son style réaliste à celui de Balzac. La plume de Milton Hatoum, le témoin d’une Amazone métisse, est, elle, marquée par Proust et Flaubert du moins selon son éditeur. 

Le Brésil était l’invité d’honneur du Salon du Livre 2015. Vous pouvez retrouver sur le site de la manifestation les auteurs les plus en vue et les talents prometteurs.

http://www.livreparis.com

Ajoutons un regard français, « Rouge Brésil », de Jean-Christophe Rufin, ancien Président de MSF et Prix Goncourt 2001 pour cet ouvrage.

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RIO NOSSO

Jetons aussi un oeil sur « Rio Nosso : 1 ville, 2 filles, 3 ans » un livre « carnet d’immersion » écrit à quatre mains par Camille Lebon à la plume et Johanna Thomé de Souza aux crayons. Les aventures et mésaventures quotidiennes des deux jeunes femmes dans un Rio déroutant ont le goût d’un bonbon pimenté. Il faut garder la pêche pour en apprivoiser la saveur aux mille piqures. Les illustrations de Johanna, de la pleine page saturée de bleus, aux strips en passant par les guirlandes de personnages, font corps avec les textes de Camille. Tantôt rigolos tantôt inquiétants.

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Les deux  jeunes femmes abordent Rio par le quotidien (blattes, problèmes d’eau, chaleur -Rio +50°-, froid -Rio-5°-, courant alternatif, foot, médias, cuisine, dikats balnéaires, religion …) et les clichés (carnanal, samba, plage, amour …) puis glissent vers les sujets « de société » lourds.

Au pays de la top Gisele Bundchen et du culte du corps, l’obésité et la malnutrition font des ravages. « En 2013, 18,6 millions d’individus (sur 200 M NDR) souffraient encore de la faim en particulier parmi les Nordestinos et les Indiens. Tandis que le Brésil atteignait le 5ème rang parmi les pays touchés par l’obésité« .

Comme au Vénézuela, la violence contre les femmes est une question nationale. En mai dernier, la diffusion une vidéo sur le viol en réunion (une trentaine selon l’un des criminels) d’une adolescente de 16 ans dans sa favela de Rio Ouest a entraîné une réaction nationale suivie par une manifestation de masse contre la « culture du viol ». La zone ouest de Rio aurait concentrée près de la moité des plaintes pour viol en 2015 : 705 sur 1610. Une loi fédérale a été votée pour durcir les peines en cas de viol sur mineur(e)s.

Les discriminations à l’encontre des noirs demeurent flagrantes malgré la promulgation de lois sur les quotas et la reconnaissance de la culture et des religions afro-brésiliennes.

La concentration des richesses accompagne le développement économique. Des quartiers « castes » imperméables empêchent les coexistences dissonantes.

En dépit de ces constats peu réjouissants, « Rio Nosso » est un livre qui vit, qui pétille, qui donne envie de bouger. Bref qui a l’esprit carioca.

« Rio Nosso », Camille Lebon, Johanna Thomé de Souza, Éditions de la Martinière, 30 E.