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FEBEA : la beauté en question lors des Rencontres du Bien-Être

In Beauté on août 27, 2017 at 2:50

La deuxième édition des Rencontres du Bien-Être s’est tenue le le 29 juin à l’UNESCO. Organisé par la FEBEA, la fédération de entreprises de beauté, le colloque a questionné les relations entre la beauté et la culture, la beauté et l’environnement, la sécurité et l’avenir des cosmétiques.

Pour mémoire, la beauté est une affaire économique. Selon la FEBEA le secteur, qui occupe le second poste à l’exportation après l’aéronautique, représente :
55 000 emplois directs
25 Mds d’euros de CA dont 12 à l’exportation
(chiffres 2016)

Voici un résumé. D’accord, pas d’accord ?

La beauté a 300 000 ans

 

La beauté est aussi une affaire sociale immémoriale. Le philosophe Gilles Lipovetsky rappelle que les pratiques de séduction s’ancrent dans la nuit des temps. « Les traces les plus anciennes remontent à 300 000 ans avant JC. Des statues datant de 23 000 ans avant l’ère chrétienne témoignent de ce goût pour l’embellissement. Se parer, se colorer augmente l’attrait sexuel. La production de cosmétiques est une constante comme l’épilation, le piercing, le tatouage, la coiffure« .

Beauté, éthique et environnement

 

L’inscription dans l’Économie Mauve (l’économie incluant une dimension culturelle) que revendiquent les entreprises s’accompagne d’une réflexion sur les bonnes pratiques environnementales et éthiques.

L’exploitation des enfants dans les mines de mica ou la déforestation due à la culture de l’huile de palme est un malus en matière d’image. Les industries de la beauté sont obligées d’en tenir compte.

Les consultants invités par la FEBEA se sont félicités de l’amélioration de l’impact environnemental du secteur cosmétique (éco-emballages …) mais ont reconnu des retards (gestion des déchets …)

Côté traçabilité, ils affirment que les grandes entreprises se positionnent mieux que les plus petites. Un écart qui s’expliquerait par les coûts. La complexité de la chaîne de production due à la multiplicité des intervenants est bien sûr mise en avant.

Conclusion : il s’agit de s’assurer de la sécurité des ingrédients en allant au-delà de la réglementation, s’inspirer des conclusions d’organisations comme Natpro, de devancer la demande de transparence des consommateurs.

La beauté est une affaire de bien-être et d’auto-séduction

 

Gilles Lipovetsky parle de seconde modernité des cosmétiques. La globalisation du maquillage qui va de pair avec celle de l’industrie du glam (la mode, le cinéma …) booste la consommation. Le philosophe indique qu’en Angleterre 90 % des adolescentes de 14 ans se maquillent.

Parallèlement, la fonction du make up change.
« Auparavant, les femmes avaient un devoir d’embellissement. Elles devaient se maquiller pour assoir un statut. Aujourd’hui, on assiste à l’apparition de motivations plus hédonistes On se maquille pour soi et plus seulement pour séduire. Ainsi, 58 % des femmes déclarent utiliser des produits de beauté pour se donner confiance et 16 % pour plaire » estime le penseur « Les cosmétiques s’inscrivent dans une quête du soin de soi. Le plaisir, la recherche du mieux-être, le souci de soi, la séduction et l’auto-séduction créent des logiques nouvelles« .

La beauté comme dernier territoire de lutte

 

Dans son livre « Rester beau » Bernard Andrieu questionne le mythe de la beauté éternelle dans une perspective politique autant qu’individuelle.
Le philosophe mais en relation la beauté avec l’estime de soi et le désir de refaire son corps avec celui de refaire sa vie.
Il juge par ailleurs que dans une société désacralisée où les individus ont dû renoncer aux luttes politiques, le corps est devenu le dernier territoire dans lequel l’action est encore possible. L’individu challenge donc son corps à fin de le parfaire et investi toute son énergie à en faire une copie conformes aux critères dictées par la société du glam.

 

Qu’en pensez-vous ?

http://www.febea.fr

Rester Beau
Bernard Andrieu
Éditions Le Murmure

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